Rediff'
Un moulin transformé en crêperie
Dans la campagne bretonne
Clic pour la visite
Deux dames âgées et distinguées
Et commandent une potée
Seule je suis attablée
Je sors mon téléphone portable
Passe 2 brefs coups de fil
Pour réserver deux nuitées
Tout à fait discrètement
Confidentiellement
Les Deux Dames
Prennent des airs offusqués
Elles sont dérangées
Et me demandent
« ça va durer longtemps ? »
Comment ?
Et vous, vous allez jacasser
Combien de temps ?
Elles se dandinent sur leur banc
Dans leur indignement
Leur cou retroussé
Comme deux autruches
Au bec affuté
Quelle mal élevée !
Et patati patata ...
« on est en Bretagne Ici »
qu’elle dit la Mémée
« et d’ailleurs vous êtes toute seule » !!!
Elle vante à son amie
La région et le patron
Du Char à Bancs
Qui va faire sa tournée
Monsieur LAMOUR
Des tablées
Et raconter
Avec Amour
L’histoire de son Moulin
Et de sa famille
De belles anecdotes
On ne s’en lasse jamais.
La famille Lamour de Plélo
(22)
Leurs pépitements
Décidément
Me saoûlent
Et d’énervement
Je prends mon magazine
Me mets à lire à haute voix

à mezza vocce il se doit
comme une conversation
avec un compagnon
qui serait avec moi
mes piplettes outrées
ça leur coupe le sifflet…
et l’appétit !
leurs yeux exhorbités
crient à la folie !
La serveuse fait quelques aller-retours
l’air affolé
Je me régale de mon repas
fais des pauses de lecture
pour bien déguster
reprends doucement ma lecture
à voix haute – douce, mais perdure…
Les yeux piplettes implorent la serveuse
Si elle pouvait faire quelquechose ?
Mais elle n’ose
Je parle tout seule ? – non je lis !
Ce sera tout ?
Se débarrasser de moi au plus vite
Pour plaire à Ces Dames dont la
Patience s’effrite !
Ben non, je prendrais bien
Des crêpes à la rhubarbe
D’ailleurs….un petit Cognac !
Non, plutôt un Calvados
C’est plus près...
Voilà le Patron
Il fait sa tournée
A ma table s’est arrêté
S’installe devant mon calva
Et va ....
Pour une dissertation sur les origines
De ce délicieux breuvage voisin
Visiblement il cherche à comprendre
Quelle pièce s’est Ici ce soir jouée
On se connaît, suis fidèle cliente
Les deux dames s’épouvantent
Elles n’auront pas l’Honneur
De l’attention du patron
D’ un revers de cils je lui indique
Qu’il y avait un hic
Avec les deux Dames
Dans sa barbe il glousse
Elles repoussent leur dessert
Et désertent
Font volte-face et s’effacent
Vers la sortie
En catimini
J’ai bien ri
Elles n’ont sans doute aucune idée
Du joyeux souvenir
Qu’elles m’auront laissé....
Je le garde sous l’oreiller ...
POUR MES VIEUX JOURS !
Tifaifai tahitiens peints par VAE
Ecrire un commentaire - Voir les 50 commentaires - Recommander












