Rediff'
L'arbre à pain à Tahiti donne de gros "fruits" verts :
les URU !
Vous vous rappelez la vidéo que j'avais mise sur un des récents articles :
"pique-nick lagon" Clic pour revoir la vidéo...
Et bien certains m'ont demandé ce que pouvaient bien être ces Fruits/Légumes qui
étaient cuits ainsi au feu de bois ...
Alors voilà : ce sont des Uru,
le fruit de l'arbre à pain !
Originaires des îles de l'Océanie, Les fruits, verts de forme ronde ou allongée, peuvent peser jusqu'à
trois kilos ; ils constituent l'un des aliments de base des Polynésiens.
On consomme le fruit à pain lorsqu'il est mûr, c'est-à-dire lorsque la sève laiteuse
blanche
vient à la surface et coule sur l'extérieur.
Mais on peut aussi le consommer cru ou fermenté comme les Marquisiens et leur Popoi.
Il y a une quarantaine de variétés d'uru dont les plus connues sont
- le uru Ma'ohi l'espèce la plus courante dans les îles, à chair blanche
- le uru Huero dont la peau est verte
- le uru Puero à la peau jaune, le plus prisé dont la chair est recherchée
-le uru Maire plus petit et à la pulpe jaune clair
- le uru Rare Autia Une espèce rare, réservée aux nobles dans le temps, à la chair très fine
- le uru Paea une variété de plus grande taille et à chair jaune
paille.
Une légende raconte que le premier arbre à pain apparut lors d'une grande famine jadis à Raiatea au temps
du roi Noho-ari'i .
les Dieux n'étaients pas souvent cléments et leurs colères faisaient fuir les poissons au large ;
les cultures pourrissaient sur le champs.
Les gens en étaient réduits à manger du fruit de pandanus, de la terre rouge, de la plante âcre teve, des crabes
de terre et des fougères.
Un Père de famile Ruata'ata déménaga pour la presqu'île pour de meilleures conditions ;
près d'une grotte, au coeur de la montagne il annonça à sa vahiné Ru-mau-ari'i :
"je vais m'en aller cette nuit, mais demain quand tu sortiras de la grotte, ne t'inquiète pas :
mon corps sera transformé en arbre et mes bras en seront les branches. Mes mains seront devenues des feuilles ; ma tête aura disparu, remplacée par un fruit
arrondi que tu ne connais pas encore.
Ma langue sera le coeur de ce fruit.
Ceuille ce gros fruit rond, fais le cuire longuement dans des braises ; puis trempe le dans l'eau fraîche et épluche
le et coupe le en morceaux aux enfants : Toi et les enfants ne mourrez plus jamais de faim ... !
Cook écrivait que si un Polynésie plantait 10 arbres à pain au cours de sa vie, il remplissait son devoir nourricier
à l'égard de sa génération et des suivantes.
Bligh, Capitaine du "Bounty" vint à Tahiti en 1788 pour y chercher un millier de plants d'arbre à pain destinés aux
Antilles anglaises, mission renouvelée avec encore plus de succès en 1792.
Traditionnellement, l'écorce des jeunes branches fournissait les fibres pour la confection du
La sève qui s'écoule de l'écorce
tapau'uru servait de gomme à mâcher ou comme
glue pour attraper les oiseaux ou colmater les pirogues.
Elle était également utilisée comme cosmétique :
Les hommes l’utilisaient à l'état frais pour se plaquer les cheveux en arrière.
Les femmes faisaient bouillir la sève avec du monoï dans une coquille de bénitier (pahua) avant de l'étaler
sur leurs cheveux.
Le bois de maiore servait à la confection des pirogues ou des cercueils ou des armes
Le Uru sert aussi beaucoup dans la fabrication de médicaments
locaux traitant toutes sortes de bobos.
utilisant l'écorce à tapa pour aussi guérir la plaie lors d'une circoncision ; on se sert du latex, des bourgeons,
des jeunes pousses, des pédoncules des fruits, des pétioles, de la pulpe moisie et des jeunes branches.
Le URU fait partie de tous les repas ..ma'a ... et de tous les "Fours tahtiens"
ahima'a
Il s'accomode de moulte façons, que ce soit en légume ou en dessert.
On le consomme alors cuit !
Dans certaines recettes, on peut remplacer la farine de blé par du URU mûr râpé.
Le URU est "le pain" des Polynésiens d'où le nom français donné à l'arbre !
("Le Four Tahitien" ahima'a sera l'occasion d'un article à venir... si vous êtes sages !! )
On consomme le Uru lorsqu'il est mûr, quand la sève laiteuse et blanche vient à la
surface et coule sur l'extérieur (le piquer) - le fruit est encore dur et vert.
Si on laisse le fruit mûrrir, une partie de l'amidon qu'il contien se transforme en sucre.
Il a alors une saveur sucrée et doit être utilisé tendre, MAIS sans attendre qu'il pourrisse
Ne jamais garer sa voiture sous un arbre à pain car les uru trop mûrs qui tombent
sur
les carrosseries ....
aïe ...ça colle et est très difficile à nettoyer !!
On peut le cuire au four à 180° , ou dans une casserolle vide directement sur le gaz, ou
encore
le faire bouillir après l'avoir épluché et débité en morceaux.
jusqu'à ce que la peau durcisse et noircisse.
On doit faire une incision en croix aux deux extrémités avant de le poser sur les braises
pour qu'il n'éclate pas, et le retourner de temps en temps jusqu'à ce qu'il soit totalement noir.
(30 à 40 mn) -
Il noircit en cuisant - mais une fois épluché, sa chair est d'un jaune très appétissant !
Le Punu puatoro est le plat
classique des Tahitiens
Corned beef avec oignons et autres ingrédients selon
son goût et ses humeurs !
Un peu comme notre Steak-frites national !!
N'en faites pas de la purée : ça colle !!
Saviez-vous qu'en eonologie, une frite de uru entre chaque dégustation
permet grâce à sa neutralité de mieux apprécier la palette d'un cru ? !!
... Mais OUI à Tahiti il y a des vignes (à Raiatea) !
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