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Adoption "faaamu"

Samedi 4 juin 2011 6 04 /06 /Juin /2011 21:05
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l'adoption polynésienne expliquée par Simone Grand au Quai Branly

Simone Grand clic


La dernière journée du  « FIFO hors les murs »  au Musée du Quai Branly était consacrée ce vendredi au thème du Fa’aamu , un sujet complexe qui engendre toujours des discussions passionnées...
 
Simone GRAND, anthopologue et écrivain Polynésienne renommée
a fait une conférence à PARIS hier
Elle a bien expliqué que ....

La spécificité de l’adoption en Polynésie provient du fait 
  qu'il s'agit d' un  don  et  PAS  d'un abandon.

C’est un don d’amitié ou familial qui ne se fait pas toujours sans douleur, car c’est un renoncement, que l’on pense préférable pour l’ensemble de la famille, ou pour les enfants que l’on donne »   a-t-elle dit , en soulignant ....

 le caractère  « traditionnel »  de l’adoption dans la société polynésienne.

Aiu1.jpg
Si le cadre légal en Polynésie et en métropole est le même dit Simone GRAND 

l’anonymat des familles biologiques n’est toutefois pas de mise  sur le territoire.
« C’est une des conditions même  du don d’enfant » a indiqué l’anthropologue.
Selon elle, cette particularité n’engendre généralement pas de difficultés lorsque l’enfant adopté reste sur le Fenua (le Pays ou Territoire) .
Les choses sont pourtant différentes s’il est élevé en métropole dit Simone GRAND
On dit qu'en fait c'est la Mère Tahitienne qui va donner naissance à un bébé 
qui  VOUS choisit comme Maman adoptive ...
et c'est bien vrai , il s'agit de connaître toute la famille et que tout le monde soit d'accord
(en violet , c'est toujours un a-parte de votre Melly ...)

L’enfant faaamu  peut  s’interroger sur le fait qu’il ait été donné LUI , et pas un autre d e la fratrie .
Il arrive que certains parents biologiques donnent deux enfants, pour qu’ils ne se sentent pas seuls » explique Simone Grand. et il arrive aussi que les autres enfants de la fratrie Tahitienne reprochent à leurs parents de ne pas les avoir envoyés, eux-aussi, en France (leur Paradis imaginé ..  à eux ...)    (ND Melly)

« L’enfant, surtout lors de la période à risque qu’est l’adolescence, peut se considérer à part, exclu, et n’appartenant pas au groupe, alors que ce n’est pas la réalité » développe-t-elle.
Un constat également fait par Louis Jouve, fondateur de l'Association M.A.E.V.A.
« L’adoption en Polynésie, avec un contact maintenu entre les familles, peut mettre les enfants dans une situation difficile, à l’adolescence notamment où ils peuvent avoir du mal à comprendre ce qui leur arrive » complète-t-il.

« Le fait d’avoir quatre parents est très compliqué à concevoir » (pour nos enfants faaamu élevés en Métropole) a-t-il insisté , s'’appuyant sur sa propre expérience -

Il  souligne en outre qu’il ne faille  pas généraliser. « J’ai adopté trois polynésiens. Deux sortent d’une situation difficile, car ils n’ont pas forcément accepté ce qui leur était arrivé.

Le troisième n’a en revanche eu aucun problème » explique-t-il.

 

alain-joannis-jip1

 

et Melly vous incite à relire l'histoire de l'un de ses trois enfants faaamu

adoptés de Moorea  - bientôt 30 ans

sur CE blog, rubrique JORDAN

Ambre & Maeva sont aujourd'hui  mariées et mères de famille heureuses en Bretagne,

Jordan, lui a choisi  à ses 18 ans ... de retourner vivre à Tahiti

on se téléphone, on se revoit régulièrement

et finalement .... "sa famille"... c'est bien NOUS

malgré tous les ...

 

"T'es PAS ma mère !"  de l'enfance et adolescence

 

Chaque adoption est unique comme l'a conclu Simone GRAND


Le « FIFO hors les murs » se poursuivra les 7 et 9 juin à la Délégation de la Polynésie française à PARIS 

allez-y nombreux ! - que du Bonheur !

 

Fifo banniereclic

 

 

 

 

 

 

Par Maimiti - Publié dans : Adoption "faaamu" - Communauté : BLOGS, en parler ...
Voir les 62 commentaires
Mercredi 27 janvier 2010 3 27 /01 /Jan /2010 11:26
Nous,   "parents faaamu" ou  ...."fameux parents" 
d'où l'adresse "fameusefamille" de ce blog dont le titre est
Out of Moorea !
                            c'est à dire ayant adopté en Polynésie
                            selon la coutume Fa'a'amu (nourrir)


Aiu1.jpg                                                                       Aui
 
Nous  sommes toujours touchés par la gentillesse de nos familles Polynésiennes,
l'accueil chaleureux qui nous est fait, et bouleversés par les liens que nous créons
lors de la naissance de nos enfants, à laquelle génaralement on peut même assister.

Toutefois, si cette coutume fa'a'amu nous surprend, mais nous ravit, nous,
adoptants Métropolitains... quand on apprend à connaître Tahiti, les îles et
ses habitants, on est parfois sidérés confrontés à "l'envers du décor", une triste
réalité pour CERTAINS enfants faaamu  dans leurs familles locales : incestes,
oubien esclavage domestique , une maltraitance qui ne peut nous laisser
indifférents ...

                      


                                                                            Isabelle Chollet
             en a témoigné dans un petit recueil poignant, dur et criant !
             Elle aura eu le courage et le mérite de  donner la parole à
             ces enfants et ces jeunes souvent bafoués et maltraités !

            
image0-39.jpg     
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.......pourquoi ce recueil ?
         
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..... Préface

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..... Introduction

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.... Dr Nadaud psychiatre

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....  La maltraitance

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.... Postface Dr Nadaud

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.... Suite postface

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....analyse Dr Nadaud       

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...suite postface

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....Pour ne pas conclure

 Vous pouvez imprimer ces documents pdf et les lire tranquillement !
    
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                Un témoignage parmi d'autres : MAREVA 20 ans

         Je suis une enfant fa'a'amu.
         je suis la cinquième de ma famille.
         C'est en fait mon arrière-grand-mère qui m'a prise à la naissance
         Elle m'a élevée quelques années. Avant de mourir, elle a demandé
         à sa fille de s'occuper de moi. Elle lui a dit que, si elle (ma grand-
         mère) ne me prenait pas, elle allait m'emmener avec elle dans la
         mort. ils disent souvent ça, les vieux Tahitiens. Ma grand-mère n'a
         donc pas eu trop le choix et elle m'a prise avec elle par respect
         pour sa mère et par pitié de moi. Seulement, elle n'a jamais vraiment désiré
         m'avoir avec elle et elle me l'a toujours fait sentir.
         Les 4 autres enfants fa'a'amu de la maison sont plus chouchoutés
         que moi. Ils sont plus respectés, car elle les a désirés. Ce sont mes
         frères et soeurs.

        
Ma mère n'a voulu garder aucun de ses enfants. Elle est seule avec
         son mari.  

Boulloc-TPM.jpg                                     

         C'est difficile d'être faaamu, car on n'a pas la même position que les

         autres dans la famille.
         ...J'ai entendu mes grand-parents dire
qu'ils m'avaient adoptée pour faire le ménage

         et la boniche. J'ai une copine fa'a'amu, et sa mère lui a dit qu'elle était juste adoptée
pour faire le ménage et préparer les repas.   

        Le week-end je ne faisais que travailler ; je faisais le ménage, la 
        lessive, les repas, alors que les autres étaient en train de regarder
        la télé. Quand ils avaient besoin de quelquechose, ils m'appelaient et
        je fais ce qu'ils me demandent. Je préfèrais ça plutôt que de les
        entendre se plaindre.

        Je faisais toutes les corvées et je partais ensuite.
                                    Boulloc-JCharles-nov-09.jpg

        Quand je serai adulte, je ne voudrai jamais adopter un enfant, ni faire
        faire faaamu mon enfant à ma belle-mère, comme on le voit beaucoup
        ici, surtout quand c'est le premier....
        Beaucoup de jeunes près de chez moi à Papara sont adoptés. Ils vont
        sur la Route et vont boire à cause de leur vie qu'ils n'aiment pas et
        pour oublier ce qu'ils ont vécu de mauvais avcant pour eux. Quand ils
        ont
trop de problèmes, leur seule consolation, c'est l'alcool. Ils vont
       tous se réfugier derrière ça ou
le paka (shit local).  
       C'est un peu bête quand-même ...


Hinano-mousseuse.jpg

        Quand j'achetais de l'alcool, je dépensais 10 000 francs par week-
       end, je m'achetais 2 bouteilles de whisky et des cigarettes. J'ai
       arrêté de boire, mais je n'arrive pas à arrêter de fumer.
        Quand je le faisais, je commençais dès la fin de l'école jusqu'au
       lendemain. J'allais avec des filles et des garçons sur la plage de
       Papara. On restait jusqu'à deux heures, et ensuite, on rentrait à
       vélo.
Mes grand-parents ne disaient rien, mais ils me battaient avec
       le manche du balai ni'au .

Boulloc-nov-09-fillette.jpg
 
     
       Dans la famille, tout le monde boit. La grand-mère boit beaucoup de
       whisky mais pas de bière. Tous mes frères boivent. Moi aussi je
       buvais pas mal quand j'étais énervée, quand quelqu'un m'embêtait ou
       que quelquechose n'allait pas dans la famille.
       J'ai beaucoup réfléchi deuis que tu m'as dit que ça ne résout pas les
       problèmes. ça m'a fait réfléchir un peu et j'ai arrêté de boire.
       ça gaspille l'argent.

     

      Les enfants fa'a'amu sont également beaucoup battus.  Il faut que
      tu saches aussi Madame, c'est que l'homme que je croyais mon père et
      qui est le fils de ma grand-mère n'est en fait pas mon père. Je vis donc
      chez quelqu'un qui n'a aucun lien de sang avec moi. Je l'ai appris
      récemment. Eux le savaient depuis longtemps.

    
      J'ai toujours été beaucoup maltraitée.

      J'ai du mal à t'en parler,
      Madame, ça fait honte !

  boullocq-retouch.jpg

Boulloc

      Au début, il y avait beaucoup de jalousie entre tous les enfants
      fa'a'amu de ma grand-mère. Puis quand ils ont appris l'histoire entre
      mes parents, et ils ont tout ramené sur moi.

        ...Ils me rossaient toujours. Tous les jours, ils essayaient de me battre.
        Mon grand-père aussi me battait. Quand ma grand-mère faisait des
        choses qui ne lui plaisaient pas, il ramenait tout sur moi et me battait.

       Je ne comprenais jamais pourquoi j'étais battue.
       Je leur disais que ce qu'avait fait ma mère, ce n'était pas ma faute.
        Ils disaient que je n'étais pas reconnaissante.   
        Moi ce que je voulais, c'est savoir pourquoi ils me battaient.
        J'aurais voulu qu'on me batte après m'avoir expliqué ce que j'avais
        fait pour mériter ça.

       Ils me disaient que j'étais comme ma mère : une idiote.


Cazenave-iki-stamp-couleur-detail.JPG                                        Cazenave

      Quand j'ai commencé à grandir, j'ai commencé à me battre avec mes
      frères et soeurs pour me défendre.
      Ils me jetaient des cailloux sur la tête, ils me donnaient des coups de
      bâton quand je revenais de l'école. Je ne comprenais pas pourquoi ils
      faisaient ça, car il n'y avait jamais de raison. Ils croyaient sans doute
      que ça m'amusait, que ça me faisait rire et que ça ne me faisait pas
      mal. Ils croyaient que j'étais une poupée Barbie.


maori_te_puia_ta_moko-Tipanie.jpg

      C'est un tonton qui m'a appris à boxer pour que je me défende.
      Maintenant, ils ne font plus rien et me respectent commeje les
      respecte. Comme c'est souent eux qui perdent quand on se bat, ils ne
      font plus attention à moi et ne fais plus attention à eux.
     

     D'avoir été battue, ça m'a rendue méchante et agressive. Dès que
     quelqu'un lève la voix sur moi, je le bouscule, je lui crie dessus, je me
     mets à le frapper. En fait je m'aperçois maintrenant que je réagissais
     comme on m'avait fait à moi, je pouvais aussi les taper pour rien :

     La seule relation que j'avais avec les autres, c'était la violence.

      J'ai aussi été abusée .
      Quand c'est arrivé, j'avais 8-9 ans. J'avais peur.

      Quand je voyais des hommes en train de boire, j'avais peur,
      j'allais me cacher.
                                        Boulloc00.jpg                                      Boulloc

      Quand il y avait des bringues à la maison, je restais avgec ma grand-
      mère. Je ne restais jamais seule. Partout où elle allait je la suivais.
      ...je la suivais même à la messe. j'avais trop peur.

     
C'était surtout le soir et pendant le week-end.
      Quand mon cousin s'y est mis, j'avais neuf ans et demi.
J'allais sur mes
      dix ans. Quand ça s'est passé, j'ai voulu raconter tout ça à mes grand-
      parents, mais ils n'ont pas voulu me croire. Ils disaient que je
      racontais n'importe quoi, que je me racontais des histoires.

a_a_louze_affiche.jpg                                          Louzé

     J'ai essayé d'en parler avec ma maman, mais elle n'a rien voulu savoir.
     Elle m'a dit que ce n'était pas son problème et que j'étais assez grande.
   

     Elle n'a jamais voulu m'aider ; pour elle je n'étais plus sa fille, mais
     celle de mes grands-parents. Elle dit ne rien avoir avec moi !
     Elle voudrait que je revienne parceque je gagne de l'argent, mais elle
     n'avait qu'à s'occuper de moi.
     Elle n'a pas à me faire revenir alors que je n'ai plus besoin d'elle. Elle
     veut que je lui donne mon argent. Elle ne pense pas que j'ai mes factures
     à payer, que j'ai mes papiers à faire.


     ... Quand on regarde les jeunes comme moi, elles ont l'air heureuses
     comme ça, mais en fait, elles souffrent.
    Je pense que c'est d'autant plus dur pour les personnes adoptées.
     Quand on est fa'a'amu on est juste bonnes à faire le ménage.


undefined                                       Boulloc

     Pour moi, une vie idéale serait avoir un travail et m'éloigner de ma
     famille. C'est mon rêve.  ...je ne voudrais plus rien avoir à faire avec
     ma famille ; ils profiteraient de ma paye et ça ne vaudrait pas le coup
     de travailler.

     ....ça m'a fait du bien de parler de tout ça avec toi, Madame, si tu
    trouvais un moyen pour nous aider, on serait toutes heureuses !..../...

Fin du témoignage de Mareva ...

Il y a , à Papeete, régulièrement des campagnes de sensibilisation contre la maltraitance
faite aux enfants et aux femmes (les poings sont souvent le seul discours amoureux dans
les couples, dans les foyers...) -
L'alcool fait des ravages comme partout ailleurs dans le Monde, mais il faut bien
l'admettre : encore plus cruellement dans les îles où l'ennui, l'oisiveté s'emparent trop
souvent des Îliens ...


Non, une famille faaamu ce n'est pas qu'un lagon tout bleu !
c'est d'ailleurs "ma présentation" du blog ...



Par Maimiti - Publié dans : Adoption "faaamu" - Communauté : Coup de gueule !
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