
un peu absente de la blogosphère ces derniers jours ...
je ne vais pas manquer de rattraper mes visites chez vous!
il faut du temps au temps ...
Un jour, il y a qq années de ça, mon seul et unique essai "cours d'écriture",
pour les gens qui ont "du temps libre"...!!! - Université du temps libre...
Le coach nous pose une cigarette sur chaque bureau et nous dit :
décrivez la cigarette !
pas eu le temps lui montrer mes élucubrations :
j'avais les enfants à aller chercher à l'école : donc "pas de temps libre"
(alors jamais revenue au cours !)
j'ai gardé le bout de papier où j'avais griffoné n'importe quoi qui me passait par la tête ; aucune idée, s'il attendait une description millimétrique et géométrique, mais...voilà
:
Makno Vahine au bison
La cigarette
Elle était là, offerte, nue, peau blanche, laiteuse,
longue, extra-longue
le filtre en l'air, bronzé
Toute en rondeur et en longueur,
elle s''étire comme un pacha,
la tranche brune montre des feuilles de tabac,
tassées, serrées, enroulées.
L'autre bout, tout blanc et compacté
le filtre pour faire bande à part revêt un papier brun.
Elle est enveloppée d'un manteau de papier blanc ,
extra-fin, presque transparent, indécent.

Un anneau de papier renforcé porte le nom de sa marque
la trace de son créateur "Philipp Moris"
Elle roule si on la touche
elle garde pour elle son odeur,
mais si un nez curieux fait un geste timide de se rapprocher,
elle veut bien donner son premier parfum de foin avant de dévoiler, une fois allumée,
son goût si particulier qui perdra l'amateur dans une douce dépendance de rendez-vous répétés.
rendez-vous savoureux, voluptueux qui feront oublier le stress du quotidien et les peurs de chacun ;
rendez-vous acceptés, sollciités même par son crétaeur,
l'Etat, les fabricants, la foule en délire, tout le monde y trouve son compte et...son plaisir.
Elle donnera au timide l'allure d'un Conquistador, et au valeureux, celle d'un "baba-cool"
ou d'un preux.

Elle est là, offerte, nue, blanche et laiteuse, extra-longue, le filtre en l'air, un peu blasée.
Il faut bien qu'elle indique au friand
comme on la prend
de quelle lenteur et avec quelle ardeur elle veut être dégustée,
"pouffée"
Avant que le Prince Charmant ne vienne la "réveiller",
elle dormait là avec ses soeurs entassées,
par vingtaines, plutôt que par dizaines
dans une boître étriquée
dos à dos, du même côté
Elle ne quitte son lit douillet
que sur invitation d'une main nerveuse
ou d'une bouche pulpeuse
à qui, même si elle donne sa mort
lui fera croire qu'il est le plus fort.
Elle se veut inoffensive, innocente, rassurante,
alors qu'elle peut être si blessante.
la blancheur de son papier pourrait évoquer à celui qui la craint
la blancheur du linceul qui l'attend demain,
Pour celui qu'elle fait rêver, cette blancheur évoque plutôpt un ange venu du ciel, là haut où il envoie sa fumée,
que parfois il fait ressortir par le nez !

le nez, un endroit où elle n'aurait jamais pensé passer.
Elle se voyait plutôt ....
chiquée !