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Dimanche 26 juillet 2009 7 26 /07 /2009 14:09

 

En France nous avons eu Bobby LAPOINTE...

à TAHITI ....  

On a eu ....et on a toujours ....
Bobby Holcomb
  Je pense à lui car dans l'article précédent sur la légende de Hina,
j'ai mis le tableau de lui correspondant à cette légende....                                                       

 



Bobby Holcomb est décédé d'une longue maladie en février 1991 à Huahine.

Quelque 20  ans après sa disparition, l'évocation de son seul prénom reste toujours synonyme  d'un style original de la musique et de la peinture polynésiennes des années 80.

Bobby était alors le symbole d'un véritable renouveau culturel et depuis, ses peintures et            ses chansons sont entrées de plain pied dans le patrimoine Polynésien.


 

Né en 1947 a Hawaii, dans l'île de Oahu, d'un père noir originaire de l'Etat Américain de Géorgie et d'une mère Hawaiienne mi-portugaise,

Bobby s'intéressera très tôt aux légendes des îles du Pacifique        
et à l'art sous toutes ses formes.

Ses dons pour la musique et la peinture, c'est en parcourant le monde qu'il les perfectionna            à travers des rencontres avec d'autres artistes de renom dont Dali pour l'art pictural et         Franck Zappa pour la musique.

Bobby arrive à Tahiti en 1976 et décide rapidement de s'installer dans le village de Maeva à Huahine. Là il deviendra vite une célébrité locale, tant par son ouverture d'esprit que pour son intégration forcenée dans la culture tahitienne, dans laquelle il retrouva toute la dignité d'un peuple que Hawaii avait perdue des décennies auparavant.

Homme au visage souriant et au regard doux, son style devint désormais invariable : short et savates, chemise pareu, un chapeau niau entouré d'une couronne de fleur vissé sur la tête et       un panier niau coincé sur les épaules, il avait adopté l'uniforme du Tahitien de milieu rural et îlien. Seuls ses cheveux tressés style "rasta" le différenciait et lui donnait un air de dieu polynésien sorti tout droit d'une légende, style qui est d'ailleurs depuis et toujours devenu le "must" du jeune Tahitien genre "hombo" qui soigne sa "polynésiennité".


 


 Son succès musical sera du à sa façon de

"mixer" la musique "Reggae" aux mélodies tahitiennes
-  et Chanter en Reo Maohi , langue Polynésienne qu'il apprit rapidement.                                     

Entre Bobby et la Polynésie commença alors une belle histoire d'amour, celle d'un artiste pour une culture, celle d'un homme pour un peuple.

A Huahine ou à Tahiti, il partagea les révoltes d'une population tahitienne qui avait du mal à entrer dans le "monde moderne". Il milita contre les essais nucléaires et lança des campagnes contre la pollution tout en prônant un retour aux racines, utilisant des clips vidéo de ses chansons pour mieux faire passer les messages.

Mais c'est surtout sur le plan culturel que son impact sera le plus important, en particulier au niveau des jeunes. A Huahine sa maison était ouverte à tous. Il écouta les Polynésiens qui venaient le voir, ce qui lui permit de perfectionner son reo ma'ohi.

Sa générosité naturelle, sa bonne humeur perpétuelle s'inscrivaient tout à fait dans la tradition polynésienne.

 

  "C'est vrai qu'à Tahiti on aime Bobby, doux avec les petits, toujours souriant, vêtu très simplement, intelligent dans ses propos, maniant avec élégance la langue française, avec volonté et sympathie la langue tahitienne. On l'accueille un peu comme un cousin, un parent qui aurait séjourné longtemps à l'étranger mais qui fait partie de la grande famille polynésienne, puisqu'il le dit et puisqu'il ressemble aux gens de ce pays » écrivit en 1992 son ami le professeur Bruno Saura, qui le comprenait d'autant mieux qu'il avait lui-même vécu la même immersion dans le monde tahitien que Bobby.


Pour ce qui est de la musique, Bobby enregistra d'abord au studio Arevareva, notamment la pièce "Bobby's House" sortie aussi en cassette sur laquelle il reprit avec Maire Tavaearii la vieille chanson de Joséphine Baker, l'adaptant pour la tourner en

« J'ai deux amours : mon pays c'est la Polynésie ».

C'est en 1985 qu'il perça auprès du grand public après avoir remporté avec "Orio" le concours de chant organisé par François Nanai. Ceci lui valut un contrat avec la société Océane Production, et sa popularité devint alors telle qu'il remporta haut la main le titre de "Homme de l'Année 1990" selon le vote des auditeurs de RFO et des lecteurs de La Dépêche. 


Mais l'autre fantastique facette des dons de Bobby était sa peinture, si originale et tellement porteuse d'une immense sensibilité.

Le miracle a fait que  les tableaux de cet immigré Hawaiien fou de Tahiti sont devenus la seule source d'illustration pour les nombreuses et magnifiques légendes tahitiennes. (comme dans mon article précédent sur la légende de Hina... Rien que pour cela, Bobby aurait du être élevé au rang de grand officier de l'Ordre de Tahiti Nui,...mais ....il aurait de toute manière refusé !

Quelques exemples de légendes qu'il a illustrées :

Ruahatu  le dieu de l’océan

Ruahatu-Tini-Rau est le Neptune polynésien. Dieu de l’océan, il est dans une légende de Raiatea, présenté comme la cause du déluge qui atteint l’île sacrée et submergea même la montagne Temehani. Mais Ruahatu, amoureux de la princesse Airaro, sauva la famille royale et tous ceux qui avec elle avaient trouvé refuge sur l’îlot Toa Marama près de la grande passe Ava Rua.
Ruahatu soulève dans ce tableau le marae Manunu de Huahine. Bien que consacré au dieu Tane, ce sanctuaire fut en effet déplacé par Ruahatu à l’issue de déluge qui frappa Huahine.
Coco Hotahota, célèbre chorégraphe tahitien et chef de la troupe Temaeva, créera un spectacle de danse sur le thème de Ruahatu, présenté lors du festival des arts du Pacifique Sud en 1985 a Tahiti.

c'est à cette occasion que Coco demanda à Bobby de réaliser un spectacle.


 

Le vent du Nord

Le vent du Nord, Nord-Ouest (Mata'i To’erau) est un vent tropical ou équatorial que se distingue très nettement d'un autre vent courant à Tahiti, le Maaramu, venu du Sud-Sud-Est, beaucoup plus sec et frais. Le To’erau (ou mata’i To’erau) était autrefois censé amener la pluie du dieu Tumu Ruperupe (source de luxuriance).

La connaissance des vents dans la société traditionnelle tahitienne était extrêmement bien développée, pour des raisons  agricoles, et aussi pour la navigation. Toutefois, l’appellation des vents ne correspond pas toujours aux directions du compas magnétique occidental, et à leur position sur la rose des vents qui comporte seize directions...



Maui qui attrapa le soleil et Hinahina-Toto io sa sœur

Maui, demi-dieu légendaire du monde polynésien, tenta de capturer le soleil, ce Prométhée ma’ohi...
Depuis, les rayons du soleil nous rappellent les cheveux de Hina. Ce n’est pas un hasard si dans le tableau ci-dessous , ils repartent du nombril (Pito) de Maui, point de passage de l’énergie solaire  ; Il 
avait attache le soleil à la terre avec les cheveux de sa sœur Hina, afin qu'il brille de tous ses feux de longues heures et essayer de ralonger les journées !

 

 

Hema et sa mère Hina

Hema était le fils de Hina, laquelle avait échappé au piège de sa mère cannibale Nona et épouse son sauveur No’a.
Contrairement a son frère ainé Puaariitahi, nous dit la légende, Hema ne refusa pas de peigner les cheveux de leur mère Hina. Il y trouva un pou qu’il montra à Hina, laquelle lui répondit : "tu épouseras une femme de haut rangs". Effectivement, Hema prit pour femme la déesse Hina-Tahutahu (Hina la magicienne), qu’il enleva sur la plage en la saisissant par les cheveux.
Plus tard, Hema et Hina-Tahutahu eurent un fils, le célèbre Tafa’i qui fixa et pêcha les îles de l’archipel polynésien, jusqu‘aux îles Hawaii.
Cet extrait de légende nous prouve une nouvelle fois l’ importance de la chevelure dans la symbolique ma’ohi, dont l’ illustration la plus évidente est la légende de Maui, qui attrapa le soleil avec les cheveux de sa sœur Hina.


 

Les ailes de tapa

Tissu fait de fibres végétales battues et séchées ensemble, le tapa permettait dans la société traditionnelle la fabrication de vêtements.
Ce sont ici les ailes d’un ange qui s’ornent de tapa, dans une vision artistique ou, une nouvelle fois, se fondent les traits culturels ma’ohi symbolisés par le coq et ceux empruntes au chistianisme.
Bobby était d’ailleurs fasciné par les anges et la cohorte de figures religieuses du catholicisme, qui ont inspiré tant de peintures en occident
à travers les siècles. Ce qui est intéressant, c’est que dans sa propre philosophie, les anges du christianisme incarnaient la sagesse qu’il aimait lire dans l’â
me ma’ohi.


 

  Et pour notre plus grand plaisir, voici quelques Chansons de

notre Cher Bobby !





Par Maimiti - Publié dans : Tahiti & Polynésie - Communauté : Polynesie,beauté originelle
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