Dimanche 20 janvier 2008
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Nous, "parents faaamu" ou ...."fameux parents" ,
c'est à dire ayant adopté en Polynésie
selon la coutume Fa'a'amu, qui
veut dire "nourrir" ,
Aui
sommes toujours
touchés par la gentillesse de nos familles polynésiennes,
l'accueil chaleureux qui nous est fait et il faut bien avouer bouleversés par
les liens que nous
créons lors de la naissance de nos enfants à laquelle on
peut généralement assister
.... voir dans mes pages jaunes ,
catégorie "adoption faaamu". (à gauche de l'écran)
Toutefois, si cette
"coutume fa'a'amu" nous ravit,
quand on apprend à connaître
Tahiti , les îles,
et la vie de ses habitants,
on est sidérés de rencontrer
"l'envers du décor",
et anéantis par le sort de certains enfants faaamu
dans leurs familles locales ... sujets à incestes, violences
...
Isabelle
Chollet
en a témoigné dans un petit recueil poignant, dur et criant !
Elle aura eu le courage et le mérite de donner la parole à
ces enfants et ces jeunes souvent bafoués et maltraités !
.......pourquoi ce recueil ?
..... Préface
..... Introduction
.... Dr Nadaud psychiatre
.... La maltraitance
.... Postface Dr Nadaud
.... Suite postface
....analyse Dr Nadaud
...suite postface
....Pour ne pas conclure
Vous pouvez imprimer ces documents pdf et les lire tranquillement !
Un témoignage parmi d'autres : MAREVA 20 ans
Je suis une enfant fa'a'amu.
je suis la cinquième de ma famille.
C'est en fait mon arrière-grand-mère qui m'a prise à la naissance.
Elle m'a élevée quelques années. Avant de mourir, elle a demandé
à sa fille de s'occuper de moi. Elle lui a dit que, si elle (ma grand-
mère) ne me prenait pas, elle allait m'emmener avec elle dans la
mort. ils disent souvent ça, les vieux Tahitiens. Ma grand-mère n'a
donc pas eu trop le choix et elle m'a prise avec elle par respect
pour sa mère et par pitié de moi. Seulement, elle n'a jamais vraiment désiré m'avoir avec elle et
elle me l'a toujours fait sentir.
Les 4 autres enfants fa'a'amu de la maison sont plus chouchoutés
que moi. Ils sont plus respectés, car elle les a désirés. Ce sont mes
frères et soeurs.
Ma mère n'a voulu garder aucun de ses enfants. Elle est seule avec
son mari.
Aui
C'est difficile d'être faaamu, car on n'a pas la même position que
les
autres dans la famille.
...J'ai entendu mes grand-parents dire qu'ils m'avaient adoptée
pour faire le ménage et la boniche. J'ai une copine fa'a'amu, et sa
mère lui a dit qu'elle était juste adoptée pour faire le ménage, et
préparer les repas...
Le week-end je ne faisais que travailler ; je faisais le ménage, la
lessive, les repas, alors que les autres étaient en train de regarder
la télé. Quand ils avaient besoin de quelquechose, ils m'appelaient et
je fais ce qu'ils me demandent. Je préfèrais ça plutôt que de les
entendre se plaindre.
Je faisais toutes les corvées et je partais ensuite.
Aui
Quand je serai adulte, je ne voudrai jamais adopter un enfant, ni faire
faire faaamu mon enfant à ma belle-mère, comme on le voit beaucoup
ici, surtout quand c'est le premier....
Beaucoup de jeunes près de chez moi à Papara sont adoptés. Ils vont
sur la Route et vont boire à cause de leur vie qu'ils n'aiment pas et
pour oublier ce qu'ils ont vécu de mauvais avcant pour eux. Quand ils
ont trop de problèmes, leur seule consolation, c'est l'alcool. Ils
vont
tous se réfugier derrière ça ou le paka (shit local).
C'est un peu bête quand-même ...
Quand j'achetais de l'alcool, je dépensais 10 000 francs par week-
end, je m'achetais 2 bouteilles de whisky et des cigarettes. J'ai
arrêté de boire, mais je n'arrive pas à arrêter de fumer.
Quand je le faisais, je commençais dès la fin de l'école jusqu'au
lendemain. J'allais avec des filles et des garçons sur la plage de
Papara. On restait jusqu'à deux heures, et ensuite, on rentrait à
vélo. Mes grand-parents ne disaient rien, mais ils me battaient avec
le manche du balai ni'au .
Dans la famille, tout le monde boit. La grand-mère boit beaucoup de
whisky mais pas de bière. Tous mes frères boivent. Moi aussi je
buvais pas mal quand j'étais énervée, quand quelqu'un m'embêtait ou
que quelquechose n'allait pas dans la famille.
J'ai beaucoup réfléchi deuis que tu m'as dit que ça ne résout pas les
problèmes. ça m'a fait réfléchir un peu et j'ai arrêté de boire.
ça gaspille l'argent.
Les enfants fa'a'amu sont également beaucoup battus. Il faut que
tu saches aussi Madame, c'est que l'homme que je croyais mon père et
qui est le fils de ma grand-mère n'est en fait pas mon père. Je vis donc
chez quelqu'un qui n'a aucun lien de sang avec moi. Je l'ai appris
récemment. Eux le savaient depuis longtemps.
J'ai toujours été beaucoup maltraitée.
J'ai du mal à t'en parler, Madame, ça fait honte !
Au début, il y avait beaucoup de jalousie entre tous les enfants
fa'a'amu de ma grand-mère. Puis quand ils ont appris l'histoire entre
mes parents, et ils ont tout ramené sur moi.
...Ils me rossaient toujours. Tous les jours, ils essayaient de me battre.
Mon grand-père aussi me battait. Quand ma grand-mère faisait des
choses qui ne lui plaisaient pas, il ramenait tout sur moi et me battait.
Je ne comprenais jamais pourquoi j'étais battue.
Je leur disais que ce qu'avait fait ma mère, ce n'était pas ma faute.
Ils disaient que je n'étais pas reconnaissante.
Moi ce que je voulais, c'est savoir pourquoi ils me battaient.
J'aurais voulu qu'on me batte après m'avoir expliqué ce que j'avais
fait pour mériter ça.
Ils me disaient que j'étais comme ma mère : une idiote.
Cazenave
Quand j'ai commencé à grandir, j'ai commencé à me battre avec mes
frères et soeurs pour me défendre.
Ils me jetaient des cailloux sur la tête, ils me donnaient des coups de
bâton quand je revenais de l'école. Je ne comprenais pas pourquoi ils
faisaient ça, car il n'y avait jamais de raison. Ils croyaient sans doute
que ça m'amusait, que ça me faisait rire et que ça ne me faisait pas
mal. Ils croyaient que j'étais une poupée Barbie.
C'est un tonton qui m'a appris à boxer pour que je me défende.
Maintenant, ils ne font plus rien et me respectent commeje les
respecte. Comme c'est souent eux qui perdent quand on se bat, ils ne
font plus attention à moi et ne fais plus attention à eux.
D'avoir été battue, ça m'a rendue méchante et agressive. Dès que
quelqu'un lève la voix sur moi, je le bouscule, je lui crie dessus, je me
mets à le frapper. En fait je m'aperçois maintrenant que je réagissais
comme on m'avait fait à moi, je pouvais aussi les taper pour rien :
La seule relation que j'avais avec les autres, c'était la violence.
J'ai aussi été abusée .
Quand c'est arrivé, j'avais 8-9 ans. J'avais peur.
Quand je voyais des hommes en train de boire, j'avais peur, j'allais
me cacher.
Boulloc
Quand il y avait des bringues à la maison, je restais avgec ma grand-
mère. Je ne restais jamais seule. Partout où elle allait je la suivais.
...je la suivais même à la messe. j'avais trop peur.
C'était surtout le soir et pendant le week-end.
Quand mon cousin s'y est mis, j'avais neuf ans et demi. J'allais sur mes
dix ans. Quand ça s'est passé, j'ai voulu raconter tout ça à mes grand-
parents, mais ils n'ont pas voulu me croire. Ils disaient que je
racontais n'importe quoi, que je me racontais des histoires.
Louzé
J'ai essayé d'en parler avec ma maman, mais elle n'a rien voulu savoir.
Elle m'a dit que ce n'était pas son problème et que j'étais assez grande.
Elle n'a jamais voulu m'aider ; pour elle je n'étais plus sa fille, mais
celle de mes grands-parents. Elle dit ne rien avoir avec moi !
Elle voudrait que je revienne parceque je gagne de l'argent, mais elle
n'avait qu'à s'occuper de moi.
Elle n'a pas à me faire revenir alors que je n'ai plus besoin d'elle. Elle
veut que je lui donne mon argent. Elle ne pense pas que j'ai mes factures
à payer, que j'ai mes papiers à faire.
... Quand on regarde les jeunes comme moi, elles ont l'air heureuses
comme ça, mais en fait, elles souffrent.
Je pense que c'est d'autant plus dur pour les personnes adoptées.
Quand on est fa'a'amu on est juste bonnes à faire le ménage.
Boulloc
Pour moi, une vie idéale serait avoir un travail et m'éloigner de ma
famille. C'est mon rêve. ...je ne voudrais plus rien avoir à faire avec
ma famille ; ils profiteraient de ma paye et ça ne vaudrait pas le coup
de travailler.
....ça m'a fait du bien de parler de tout ça avec toi, Madame, si tu
trouvais un moyen pour nous aider, on serait toutes heureuses !..../...
Martiale
Par Maimiti
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Publié dans : Adoption "faaamu"
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