
Fiù est un mot(…) qui reflète d’abord l’aspect profond et irrationnel de l’âme tahitienne.
Phrase magique qui exprime le dégoût subit, la lassitude, le besoin irrespressible de tout planter là.
Aucun mot français ne peut en traduire entièrement le sens car Fiù exprime à la fois
un sentiment (j’en ai assez)
ET une décision (je laisse tomber !).
Dans le tout dernier Dictionnaire tahitien-français de l’Académie tahitienne, le mot Fiù est un verbe d’etat qui se traduit par être rassasié, être fatigué, être las, en avoir assez de, s’ennuyer.
Ce vrai Fiù, au sens littéraire et historique du terme, c’est la constatation d’un malaise de l’être,
d’une fatigue du corps et de l’âme et d’un d’ésir de rompre avec cet état.
Un désir si fort qu’in ne peut être différé.
Duday
Quand le Fiù est là, il n’y a plus de logique, il arrive même que celui qui est Fiù
s’y soumette complètement jusqu’à léser ses propres intérêts.
ce caractère irrépressif manifeste une véritable abdication de la volonté,
une aboulie....
Au sympsoium internatrional d’hygiène mentale qui s’est tenu à Papeete …
en 1976 (déjà), il a été rapporté :
« Les polynésiens comme bien des insulaires masquent souvent derrrière
une gaieté de façade
une dépressivité latente. D’où la conjuration par la festivité (…)
jusqu’à parfois épuisement des ressources financières et physiques…
Ce qui ne fait bien sûr qu’aggraver les causes premières du Fiù bien souvent… »
Îles du corps…
Plus loin il sera démontré comment le climat tropical de nos îles détermine certains types de fiù.
On entend souvent les gens exprimer l’idée qu’ils sentent pompés par le bas, alourdis,
quand ils arrivent sur notre île.
Quand nous nous replions sur cette île imaginaire, aux limites de nos jardins secrets,
que nous y souffrons et que nous nous y réparons,....
C’est lîle de Peter Pan et ses « enfants perdus ».
Je crois que chaque humain a son île. Elle est un lieu hors du temps.
En dehors de l’espace de nos relationsavec un quotidien qui nous blesse
et que nous devons fuir pour nous protéger.
Cette « passion reliance » (P. Dacco) qui commence avec le cordon ombilical,
" LA Fête » est souvent le premier port qu’aborde celui qui a quitté son île solitaire
et s’en retourne sur le continent des ‘Autres ».
Au bord des lagons de Polynésie , la fête s’appelle « BRINGUE »
La Bringue et le Fiù
La référence au réflexe oral est évidente. Mais je ne vois là rien qui soit spécifiquement polynésien.
Bringue ou fête…c’est la même chose à travers le monde.
Seuls changent les étiquettes des flacons, les instruments de musique,
les chansons et quelques autres détails.
A Tahiti, la « bringue » est une des thérapeutiques habituelles du fiù.
Si je me suis quelque peu étendu sur cette notion de fête-bringue, c’est parcequ’elle est
un « médicament » qui n’est pas sans conséquences sur le Fiù.
y mettre ce qu’ils veulent. C’est un bon interface de communication.
Le Fiù c’est une « fuite » …d’énergie.
Les « par-dessus la tête », les ras-le-bol, les plein-le dos, les « plein le c… » ou plein les bottes.
Tristesse, chagrin, indifférence, mélandcolie, frustration, cafard, déprimes, fatigue, manque de volonté, de ressort… Tous ces mots, toutes ces expressions on ten commun d’exprimer un manque d’énergie.
Ils disent plus encore. Ils suggèrent qu’il n’y a pas de frontière
entre le corps et l’âme.
Nos sentiments ont à faire avec nos organes et vice-versa.
…..Je vais donc donner dans mon livre, au mot Fiù, le sens de…. »vide d’énergie ».