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Dimanche 24 juin 2007 7 24 /06 /2007 22:44

Témoignage dévoilé…presque volé !
 
 
Puisque personne ne m’a demandé mon consentement pour le publier, ni ne m’a avertie de la parution – d’ailleurs je ne connaissais pas la Revue Accueil d’EFA.
Je fus avertie par « la bande Â» !
J’avais « témoigné Â» sur un forum et mon « histoire Â» s’est retrouvée publiée sur un autre réseau…/… sans que je le sache !! (ça fâche !) - m’enfin !!
 
L’édition de Mai 2002 portait sur la Polynésie.


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Nous sommes au chapitre « Retours Â» p.35
 
Quote EFA :
Beaucoup de témoignages reflètent l’immense bonheur ressenti par les familles réunies par l’adoption. Vies uniques nées de rencontres toujours exceptionnelles où l’émoi se mêle aux inquiétudes et à l’attendrissement. Le quotidien apporte à la plupart son lot de joie et d’incertitudes.
Parfois, et en cela aussi l’adoption dans ce territoire d’Outre-Mer reflète une réalité universelle – une rencontre, pourtant souhaitée, peut se transformer en un véritable cauchemar.
Mais ici aussi, il est impossible d’appeler échec le choix de la séparation lorsque c’(est le désir commun des parents et de l’enfant qui permet de trouver les interlocuteurs compétents, les nouveaux repères, le meilleur entourage….
Unquote.  

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Retour-Thérapie :   A l’age de l’adolescence les problèmes qu’il rencontrait scolairement se sont accentués. Il est devenu très violent et ingérable : foyer Adapei, éducateurs, « psy Â» en tous genres, puis un jour, l’hôpital psychiatrique ; 8 mois d’enfermement avec pour seules sorties autorisées une heure avec moi chaque jour. ;  
Piqûré, drogué, grossi, avachi, le désespoir total pour toute la famille.
 
Il réclamait un chien pour vivre en SDF . Il avait déjà fait « des stages Â» avec des SDF …
 J’ai rétorqué qu’il valait encore mieux prendre une tente igloo et aller vivre à Tahiti ! - il n’a plus cessé de me supplier de le ramener à Tahiti (il avait déjà été en vacances chez un cousin à nous) et de harceler le Juge des Enfants .
Il était encore mineur (17 ans) et les services sociaux ne trouvaient aucun établissement en France pouvant l’accueillir avec sa problématique particulière.
Il avait échappé à la police et à la prison de justesse.
L’Ase m’avait convoquée pour me dire : « cet enfant ne repartira pas à Tahiti Â», mais ils n’avaient pas de solution à proposer !
 Ils le garderaient à l’HP jusqu’à ses 18 ans, puis le laisseraient à la rue, puisqu’il ne voulait pas vivre en famille, ni nulle part où aurait dû se plier à des « règles Â» et rendre des comptes.
Sans toit ni loi !
J’ai donc contacté moi-même les services sociaux de Papeete qui ont  rapidement répondu à mon appel de détresse.
Jordan fut accepté dans un foyer spécialisé de Papeete.
Sorti de l’HP¨le vendredi, il a passé le we chez nous en famille, son père, ses sœurs, qu’il n’allait plus jamais revoir….
Le Lundi nous prenions ensemble l’avion.
 
A notre arrivée à Papeete, nous avons été immédiatement pris en charge, à la descente d’avion, par les services sociaux, et grâce à eux, Jordan a intégré le jour-même un foyer de jeunes , avec une équipe d’éducateurs tahitiens  formidables.
 
J’ai vu Jordan se transformer sous mes yeux : il prenait les mimiques polynésiennes, commençait à parler tahitien, devenait poli, enlevait bijoux, casquettes, Adidas : méconnaissable !
 
De retour en France, je reste en contact avec les équipes ET Jordan.
Le jour de ses 18 ans, il décide d’aller vivre sa vie, sans plus de « lois Â» ; il est allé vivre avec une de ses sÅ“urs locales que je connaissais. Il a passé une année avec elle, puis il a voulu « vivre sa vie Â» -
Un jour il a du se réfugier à Viami (HP local) : même en Polynésie, il ne pouvait pas vivre en toute liberté, seul sans toit ni loi.
 
Depuis, il est pris en charge par une association locale où il fait de la pâtisserie le matin et peut aller à la plage l’après-midi.
Entre la mer et la montagne, ce n’est pas le bagne.
 
Il téléphone toutes les semaines. J’ai passé Noël avec lui à Moorea.
A l’occasion de mes voyages pour lui rendre visite, je vois les familles de mes filles et j’en ramène photos et vidéos pour Cassandre et Malvina.
 
en 1988, alors que je mangeais un poisson cru à Moorea, au bord de route, au Pêcheur, le rae-rae serveur m’a tout raconté sur la naissance de Morgan, parterre dans la cocoteraie ; il était le meilleur ami de sa mère ; il avait même voulu prendre faaamu le bébé.
L’histoire, ni lui-même, ne peut dire s’il est le père génétique ; en tous cas, il a fait toutes les démarches pour prendre Jordan sous son aile ; le service social et le Juge des enfants de Papeete ont accepté.
Jordan passait les we à Moorea chez André – le rae-reae- qui en était très heureux. Jordan s’est mis à l’appeler « Papa Â» !! une histoire inexplicable et incompréhensible pour qui ne connaît pas les polynésiens.
 
Puis, au fil des mois, Jordan n’a plus voulu aller chez lui. André a été très déçu ; je les ai revus depuis ensemble et ça se passe plutôt bien.
 
En 1988 aussi, j’ai emmené Jordan chez ses tantes, oncles, sÅ“urs ; il a été accueilli comme s’il avait toujours vécu avec eux ! – c’était une sensation très bizarre pour moi !
 
Un oncle me dit en pointant le doigt vers Morgan : « Ã§a Madame, c’est mon sang, et il va hériter d’un bout de terrain Â» . C’était vrai : la grand-mère était décédée et il y avait des flancs de montagne à se partager.
En trois semaines, mon fils avait retrouvé un supposé « père Â» biologique et « hérité Â» d’un terrain !
 
Toutes ces aventures ont été dures et éprouvantes, émouvantes ; je ne sais quels mots choisir, mais en tout cas, cela donne à réfléchir sur notre culture à nous.
 
En France, depuis son enfance il avait des difficultés en tous genres, et on scrutait systématiquement les manquements des parents, mon défaut d’amour maternel éventuel :
 
A Tahiti, les éducateurs m’ont dit : « Mais madame, faut pas que tu lui donnes tous ces médicaments, ça sert à rien ; dans sa famille, y’a des problèmes de consanguinité et d’alcool qui les rendent ainsi ; chez eux ils sont tous comme ça – c’est pas grave ! Â»
 
Cela m’a fait un choc. Une réponse enfin à toutes mes interrogations depuis son enfance. Ces mots difficiles à entendre m’ont soulagée : enfin je pouvais comprendre de quoi souffrait notre fils, et cela nous a déculpabilisés. (le SAF, syndrome alcoolique fÅ“tal) .
 
Ce ne fut pas facile d’avoir eu recours à l’éloignement pour sauver Jordan des allers-retours HP-prison qui l’attendaient en Métropole ;
Toute la famille a souffert et souffre encore.
 
Nous nous sommes dit que cela n’était pas plus difficile que lorsqu’un de nos enfants adultes vit au loin pour raison mariage ou professionnelle ; sauf que Jordan n’avait que 17 ans et demi !
 
Depuis, chaque année je lui rends visite ; maintenant que mon mari est à la retraite, j’envisage de partager mon temps entre chaque continent ! 

Sur ce blog, petit à petit je raconterai des bribes et des tranches de notre "fameuse famille"' avec ces "trois îliens dans ma ville, dans mon coeur"  

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Par Maimiti - Publié dans : Jordan
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