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Ses oeuvres ont pour thème unique la fillette polynésienne.
Il ne peint que des fillettes aux grands yeux plutôt
tristes,
aux traits parfaits irréels, il dit
'les fillettes Polynésiennes sont belles et
picturales
avec leurs couronnes de lfeurs et leurs robes à dentelles
fleuries"
L'expression du peintre est résolument surréaliste.
On trouve aussi en fouillant dans les fonds de ses gouaches, des détails croustillants, comme ces couples amoureusement enlacés :
Ou encore, dans une autre composition, un jeune garçon sortant d'un coquillage.
"Le surréalisme a toujours été ma quête", laisse échapper Jean-Charles Bouloc avant d'ajouter:
"Même si les gens ne comprennent pas cette démarche, je vais à l'avenir multiplier les clins d'oeil surréalistes".
Jean-Charles Bouloc multiplie ainsi les possibilités d'interprétation tout en entrouvrant les portes du rêve, du jeu. Il n'est influencé par personne.
Il poursuit depuis toujours cette union entre le réel et l'imaginaire, quitte à choquer.
Et toujours chez Bouloc cet excès du détail, maniaque de la précision, de l'exactitude picturale
sûrement.
Le spectateur s'approche de la toile, s'émerveille et reste admiratif devant tant de virtuosité. Puis en prenant du recul, il se laisse absorber par la
poésie, les couleurs pastel et le charme de ses fillettes aux yeux étonnés, grands ouverts.
Le philosophe
Riccardo Pineri lui a consacré un livre :
Les grands yeux des fillettes à peine pubères, que Bouloc peint avec minutie -
des compositions à l'image des enluminures, tout en détail sont aujourd'hui connues à Tahiti...
On connaît moins son itinéraire aventureux, au Moyen-Orient, en Afrique, dans toute l'Europe et jusqu'au Cambodge ou au Brésil, avant son arrivée à Tahiti,
en 1962.
"La jeunesse de Jean-Charles Bouloc s'accomplit sous le signe des voyages et de l'exercice de la peinture", explique le philosophe et critique d'art
Ricardo Pinéri, qui signe écrit en même temps une réflexion sur la création picturale.
Une réflexion sur l'espace et le temps de l'oeuvre d'art
Dans ce beau livre, l'oeuvre de Bouloc fait l'objet d'un traitement graphique précieux qui met en valeur, tant l'oeuvre du peintre, que le discours du
philosophe sur son oeuvre.
Une oeuvre qui tira longtemps de ses voyages la source de son inspiration, mais avec "ce que Claude Lévi-Strauss appelle le regard éloigné", nous
dit Pineri.
Il y a aussi dans la peinture de Jean-Charles Bouloc "une attention
soutenue portée aux techniques, aux savoir-faire de l'ancienne société européenne préindustrielle : la broderie, la tapisserie, l'orfévrerie, l'ébénisterie, la ferronnerie mais également aux
techniques spécifiques aux îles polynésiennes et toujours vivantes, la broderie, la vannerie, le tressage", indique encore Ricardo Pineri, qui signe là un texte magistral de philosophie des
formes.
De "l'Ecole de Tahiti" à la retraite à Punaauia
Après des études aux Beaux-Arts, à Paris, ce grand voyageur, un temps trafiquant d'armes, n'a jamais cessé de peindre. L'une de ses premières oeuvres connues
du grand public, à Tahiti, est la grande fresque qui décorera, dès 1964 durant plusieurs années, l'aérodrome de Faa'a.
En mars de la même année, il participe à la fondation de "l'Ecole de Tahiti", qui rassemble un certain nombre de peintres aujourd'hui reconnus, et dont les
oeuvres agrémentent certaines demeures du grand Papeete : Fay, Heyman, Ravello, Juventin, Masson, Gouwe...
En novembre 1964, il expose pour la première fois à la galerie Winkler avant de partir à Hollywood, où il peint les stars de cinéma, pour revenir quelques
temps en Polynésie (Australes, Marquises).
En juin 1969, il épouse Marguerite Liu, avec qui il ouvre une galerie d'antiquités orientales, sur le front de mer à Papeete, qui lui est toujours un
prétexte à voyager.
Aujourd'hui âgé de presque 80 ans, il vit retiré à Punaauia, sur la côte Ouest de Tahiti, où il continue de peindre depuis la fermeture de sa galerie, en
1980.
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